Pour l'urgent, c'est déjà fait
Pour l'impossible, c'est en cours
Pour un miracle, prévoir un délai...
C'est la devise qui est affichée chez mon garagiste.
Je l'aime bien.
La devise, beaucoup moins le garagiste. Non pas que je sois homophobe, mais il a l'art et la manière de me délester, chaque fois que je vais le voir, d'une somme rondelette.
Cette fois-ci, c'est 90 000 FCP (755 Euros), excusez du peu !
Faut dire que Marmotte n'y va pas avec le dos cuillère en ce qui concerne la voiture : quand elle la casse, elle la casse !
Hier matin, elle détecte un bruit peu habituel dans le moteur. Ell est pourtant incapable de dire de quel genre de bruit il s'agit : grave, aigü, métallique, etc. Alors elle prend rendez-vous pour que son boy préféré, en l'occurrence moi (si, si !), dépose la voiture ce vendredi matin chez le garagiste. Pourquoi moi, demandez-vous ? Parce que celui chez qui nous avons l'habitude d'aller se trouve tout près de mon lieu de travail et je peux donc déposer la voiture puis aller au bureau à pied. Et vice-versa.
Sauf que là, la voiture a dit "stop !". Elle a craqué dès jeudi soir, refusant tout net d'aller plus loin, la garce. Et voila donc Marmotte et Petit-Taureau-Excité coincés en ville en fin d'après-midi avec un moteur qui fume (si, si !). Mais, le hasard faisant bien les choses, un p'tit homme qui habite par là-bas se penche la-dessus (sur le moteur, pas sur Marmotte, non mais !) et décrète officiellement que ce n'est ni l'eau ni l'huile, bref que la voiture peut repartir après avoir fait sa crise.
Sauf que Marmotte ne peut plus passer les vitesses...
Enfin, si, elle peut, mais moteur éteint. Ce qui, vous en conviendrez, n'est pas des plus pratiques. Cependant, à force de ténacité et de rage, à coups de petites distances (ben, oui, chaque fois que le trafic l'obligeait à s'arrêter, elle calait...) elle arrive, en première et feux de secours allumés, à se garer dans une rue passante et large, à seulement quelques 700 ou 800m de la maison (oui, d'accord, c'est en pente raide sur 500m, et alors ?...).
Pendant ce temps, votre serviteur, chevauchant son 2 roues turbo-diésel-climatisé, se rend à la maison pour aller chercher la vieille Panda poussiéreuse qui sert de secours au cas où. Oui, je roule en 2 roues. Et ce, depuis maintenant 23 ans, soit depuis que j'ai 5 ans.
Comment ? C'était trop jeune ? J'étais précoce, môa !
Quoi ? J'ai pas 28 ans ? Et qu'est-ce-que vous en savez, hein, que j'ai pas 28 ans ?
Pffff... revenons à nos moutons... Je rentre donc à la maison où se trouve déjà Cycliste-Rossignol (il est rentré du collège à pied), nous prenons une corde, nous fermons la maison, nous ouvrons le portail, nous montons dans la voiture et... pschitttt ! comme dirait un certain président...
Batterie à plat !
Je préviens donc Marmotte (merci le téléphone portable, je dois l'avouer) qu'elle devra se taper la montée à pied. Et en même temps, je téléphone à un copain qui accepte de venir de Punaauia m'amener son chargeur de batterie. Car le lendemain matin il faudra bien un véhicule en état de marche !
Et voilà comment, ce vendredi matin, au lieu de déposer la voiture chez le garagiste, je lui ai plutôt de demandé d'aller la remorquer pour la réparer...
Il me rappelle dans la matinée, après un premier diagnostic et la sentence tombe : c'est le kit d'embrayage qui a lâché et il faut déposer la boîte à vitesses pour le changer. Faut pas compter sur la voiture avant lundi soir, au mieux...
Ouch !
Se coltiner dans la Panda pendant le week-end, c'est pas une sinécure ! Déjà, à 2 adultes dedans elle a du mal à grimper jusqu'à la maison, alors à 4 personnes... Faut la comprendre, elle roule une fois tous les 3 mois, juste pour la petite sortie hygiénique. Bon, ben tant pis, on bougera pas, on restera bien tranquilles dans notre home sweet home jusqu'à lundi. Et pour les urgences, il y a toujours le scooter.
Et puis, surprise, mon garagiste m'appelle vers 14h10 : la voiture est finalement prête, ils ont mis 2 mécanos dessus pour aller plus vite (bonjour la facture de la main d'oeuvre !) et je n'ai plus qu'à la récupérer. Sauf qu'ils ferment à 14h30 le vendredi et que, quand je raccroche, il est déjà presque 14h15...
Alors, tel un vaillant chevalier volant au secours de sa dulcinée en danger, faisant fi de mon handicap lombaire (bien oui, je fais toujours l'huître...; pour ceux qui n'ont pas suivi, c'est
ici...), je me précipite chez le garagiste distant de mon bureau d'environ 853,7 mètres. Enfin... j'exagère peut-être un peu, ça doit être 852,4 m...
Et là, alors que la secrétaire finit ma facture (c'est la dernière de la journée, il est 14h28m32s), j'ai quelques instants de répit avant de découvrir la douloureuse et je peux donc lire, affiché devant moi :
Pour l'urgent, c'est déjà fait
Pour l'impossible, c'est en cours
Pour un miracle, prévoir un délai...
A ce prix-là, on devait pas être loin entre "l'impossible" et le "miracle"...