Dimanche 21 Janvier 2007
Cagades : suite...
Par Kip, Dimanche 21 Janvier 2007 à 21:03 GMT-10 dans Accueil
Concentré. Comme les tomates. Un dossier pas
spécialement urgent mais intéressant.
Le téléphone sonne. La sonnerie est longue, c'est
donc un appel de l'extérieur.
- C'est moi. Tu penses
à aller chercher Cyscliste-Rossignol à
l'althétisme ?
- M.... ! On est jeudi
! Quelle heure il est ? M.... ! J'ai pas de montre (1) ! Mon PC... hein ? 17h50 ?
- Ben ouais...
(là, j'ai senti Marmotte légèrement
agacée par mon oubli).
- Bon,
écoute, heu... il me faut remonter à la
maison pour redescendre en voiture parce que la pluie ne va
pas
rater. Et puis de toutes façons, je n'ai pas son casque avec
moi...
- Tu fais comme tu veux
mais tu ne l'oublies pas.
- OK, je pars dans 10mn
et puis il m'attendra un petit peu... A tout de suite.
Et je raccroche. La pluie doit me courtcircuiter les neurones parce que
j'avais complètement zappé que nous sommes jeudi
et que
j'ai cette obligation. Mais l'entraînement finit vers 18h15,
alors ça me laisse le temps de me retourner. Je devrais être au stade
avant
18h30...
Je ferme mes dossiers et mon bureau et me dirige vers mon
scooter. J'inspecte le ciel. Chargé. Rien
d'étonnant.
Mais, semble-t-il, pas de gouttes dans l'immédiat. Alors je
décide de ne mettre que le haut de ma combinaison anti-pluie.
Je n'ai grosso-modo qu'un petit quart d'heure de trajet, surtout si je
prends la RDO (2).
Mais comme il fallait s'en douter, ma scrutation du ciel n'avait
été que trop succinte et ce qui m'attendait
côté est, c'est-à-dire du
côté de la
ville, était autrement plus mouillé
qu'à
l'aéroport. Au niveau de la descente de la RDO sur la ville,
et
rien que là, un vrai déluge ! 400 à
500
mètres de grosse pluie, bien mouillante. Jean
trempé,
chaussures "limite". Pourvu que le portefeuille et le
chéquier,
dans mes poches revolver, ne soient pas trempés eux aussi.
J'aurais dû les mettre dans le coffre, ça aurait
été plus prudent. Ou enfiler le reste de la combinaison... La pluie cesse lorsque j'arrive
aux
premiers cent mètres du front de mer, au niveau du
théatre de l'OTAC. Avec un peu de chance j'aurais pu passer
au
travers sans une goutte. La faute à pas-de-chance...
Mais ça n'est pas grave puisque je rentre à la
maison. Il
me faudrait simplement enfiler un short avant de repartir chercher le
sportif. C'est à cela, questions purement vestimentaires,
que je
pense lorsque je m'arrête au feu rouge du carrefour de
l'avenue
Bruat.
Feu vert.
J'accélère.
Schklock.
...... ?
Je redémarre, j'accélère, schklock
encore.
Je pousse le scooter un petit peu sur le côté pour
ne pas gêner la circulation et je recommence.
Je démarre, j'accélère, schkock.
Je démarre, j'accélère, schklock.
Et voilà, en panne, un jour de pluie. Comme à
chaque fois ! Juste pour me simplifier la vie...
Je reste calme, je me mets dans la contre-allée, devant
l'agence
de la banque Socredo et j'entreprends de
téléphoner
à Marmotte. Mais il me faut enlever le casque et
éviter
de mouiller le téléphone. Car devinez quoi ? Il
s'est
remis à pleuvoir...
- C'est moi (mais là
c'est moi, tout à l'heure c'était
elle... vous suivez ?). Je suis en rade sur l'avenue Bruat. Scooter
kaput. Il faut que tu descendes pour aller chercher Cyscliste-Rossignol
et pour me ramasser.
- Où es-tu ?
- Au feu de Bruat et je
vais pousser le scooter jusque devant le
commissariat de police, un peu plus haut. Il y a juste 300
mètres. Ca devrait être OK pour la nuit. Je pense
que les
vitesses (automatiques, NDLR) ont lâché, Jimmy (le
garagiste, NDLR) m'avait prévenu que ça allait
arriver.
J'y vais et je t'attends.
Une bonne chose : la batterie du
téléphone n'était pas à
plat...
Je ne sais pas si vous avez essayé de pratiquer une
activité
physique avec un jean tout trempé, mais je peux vous assurer
que
c'est coton ! Mais bon, je n'ai pas le choix. Je remonte donc l'avenue
et attache le scooter à un poteau, juste devant
l'entrée
du commissariat. Je rassemble mes affaires, je détache le
coffre
et j'attends de voir la voiture apparaitre quelques 100
mètres
plus loin, au rond-point. Marmotte a jeté un oeil avant de
tourner sur sa droite et elle m'a aperçu, dans mon
imperméable orange fluo. Elle me
récupère et nous partons chercher
Cycliste-Rossignol.
Vendredi matin. Le choix est difficile : soit je descends à
7h00 avec Marmotte et les enfants et j'attends patiemment à
côté du scooter jusqu'à l'ouverture du
garage (7h30), soit j'attends à la maison pour
téléphoner et descendre ensuite. Et puis il faut
envisager la possibilité qu'ils ne puissent pas me
prêter un scooter pour la journée. Auquel cas,
j'aurai besoin d'utiliser la Panda et donc d'être
à la maison... Je choisis la première solution.
Tant pis, s'il le faut je remonterai à pied à la
maison. Marmotte me laisse au rond-point de la Présidence et
j'arrive à mon scooter alors qu'il est à peine
6h55. Je vais devoir poireauter plus d'une demi-heure. Et la pluie qui
retombe alors que j'avais espéré une accalmie ! Je
me réfugie sous l'avancée du bâtiment
du haut-commissariat, quasiment en face de mon scooter toujours
attaché à son poteau.
7h25. Allez, j'essaie, Jimmy est souvent à la boutique avant
l'heure. Avec un peu de chance... Plusieurs sonneries sans
réponse, peut-être 8 ou 9. Je vais renoncer
lorsqu'il décroche.
- Garage Bambou,
bonjour !
- Salut Jimmy, c'est le
PDG d'Air Tahiti. Je suis en rade. Il faudrait que tu viennes chercher
le scooter. T'en as un à me prêter ?
- Ouais, mais j'ai pas
de gars pour conduire la camionette avant 8h. T'es où ?
(question rituelle...)
Je lui explique où est le scooter et ce qui m'est
arrivé. Je lui propose d'aller à pied
à sa boutique plutôt que d'attendre le
véhicule. En coupant par le centre-ville je devrais mettre
à peu près une trentaine de minutes pour me
rendre à Mamao. Plutôt que de rester là
à attendre, même s'il pleut... Comprenant ma
situation de détresse (!), il trouve une solution
immédiate en envoyant un de ces mécanos nous
chercher, le scooter et moi. Je n'aurai donc pas à patienter.
15 minutes, c'est le temps qu'il a fallu à E. pour arriver.
Il s'arrête dans la contre-allée, devant le
portail du commissariat. Je défais le cadenas qui relie la
roue arrière au poteau et lui tends la
clé pour qu'il dévérouille l'antivol
au contact.
Il tourne la clef.
Le moteur tourne. Rien de surprenant.
Il accélère. Pas de schklock. Il
accélère encore. Toujours pas de schklock !
Le scooter semble fonctionner normalement... Il me parle
d'humidité. Je balbutie quelques mots, j'ai vraiment l'air
con. Je lui explique : la boîte de vitesses qui se fait
vieille, Jimmy qui m'avait mis en garde, les flaques d'eau que j'ai
toutes évitées, etc. Rien à faire, je
passe vraiment pour un couillon. Il installe la grosse planche et
pousse le scooter dans la camionette. Je suis tellement
sonné que j'en oublie de l'aider. Quand je
réagis, l'engin est déjà
arrimé à l'intérieur. Je monte devant
avec lui et nous allons au garage. On se connait vaguement, il est sympa
et on papote. De l'assemblée, des charlots qui nous
gouvernent et... de la pluie.
Arrivés au garage, je salue Jimmy et ses
collègues. Ils prennent en charge le scooter alors que je
demande qu'une révision TOTALE soit faite. Surtout s'il
s'agit des vitesses : je ne veux pas revenir dans quelques semaines...
Jimmy me prête un 50cm3 et je
l'informe que je reviendrai vers 16h. La journée se passe
sans encombre.
Dans l'après-midi je récupère donc mon
scooter. Ce n'était pas un problème de
boîte de vitesses - elle tiendra bien assez longtemps encore -
mais bien d'humidité. Plutôt d'inondations
même : j'ai eu beau éviter les flaques, le filtre
à air était compètement
imbibé de flotte et faisait donc obstruction au passage de
l'air. Imbibé au point de pouvoir l'essorer...
Pour le reste, RAS, me confirme Jimmy. Les vitesses, l'usure des pneux,
les freins, l'huile, etc., tout est OK ou révisé.
La journée va se terminer sur une bonne note. Enfin. Je
passe du côté de la boutique pour régler la facture : 7
000 F (60 Euros, NDLR). J'essaie d'appeler Marmotte pour savoir si je
fais un chèque ou si je paie avec la carte. Elle ne
répond pas alors je sors ma carte VISA. Jimmy me
tend la machine pour la saisie de mon code et le
téléphone sonne en même temps. C'est
Marmotte qui a vu que je l'avais appelée.
- Alors, c'est combien
la douloureuse ?
- 70 000 F (600 Euros,
NDLR), je paye avec la carte ?
- C'est pas vrai ?
- Ouais, je
déconne !
Jimmy intervient :
- Tiens, tape ton
code...
- OK. Heu... c'est quoi
déjà ? Mmmmm.... raté ! M... ! Je m'en
souviens plus, c'est pas possible ! Marmotte, je raccroche, je ne me
souviens plus de mon code, faut que je
réfléchisse. A tout à l'heure !
Je raccroche et la laisse en plan. Faut absolument que je me concentre.
Ca fait bien 4 ou 5 mois que je n'ai plus utilisé cette
carte, depuis qu'avec l'autre, l'AMEX, on engrange des miles Air
France. Je suis engoncé dans ma combinaison de pluie, le
casque posé sur le comptoir et je fais ma 2e tentative.
"Code erroné" me répond le terminal. Panique
à bord. Je suis pourtant bien sûr que
ça commence par un 6 et que le troisième chiffre
est un 3... Mais les deux autres ? Pas de souci, j'ai une botte
secrète : les chiffres sont inscrits - dans une suite
alétoire - sur mon permis de conduire... Hé
hé, malin, le mec ! Je sors mon portefeuille. Ca n'est pas
simple avec la combinaison. Je prends le permis. Zut ! Ce n'est pas sur
le permis mais sur le passeport ! A la maison... Entre temps, j'ai
tellement hésité que la transaction a
été annulée. Jimmy doit recommencer.
"Dernière tentative" m'affiche ce p... de terminal. Alors je
renonce et sors mon chéquier. Tant pis pour la fin du mois.
Marmotte-la-banquière se débrouillera avec les
comptes !
Voilà pour les péripéties du scooter.
Il fonctionne bien maintenant.
Et, pour la petite histoire, j'ai vérifié mon
code secret sur le passeport, une fois rentré à
la maison : il n'y est pas, c'était sur l'ancien passeport...
(1)
2007 commençant bien, ma montre a lâché
(la
pile, je pense) et l'autre, celle de mon grand-père, idem 2
jours après (ce n'est pas la pile puisque qu'il y a
un
remontoir)...
(2) Route de Dégagement Ouest : une 2 fois 2 voies qui
"soulage"
la route de ceinture sur une douzaine de kilomètres.


















