J'exagère un peu mais pas beaucoup...
D'ordinaire, dans ce blog, nous n'évoquons pas la politique. Surtout la française. Je trouve inutile d'exprimer ses opinions personnelles si ce n'est pas pour essayer de convaincre les autres. Or, j'ai aucunement d'intention d'essayer de rallier les visiteurs de ce blog à mes convictions (lesquelles, d'ailleurs, sont quelques peu ébranlées depuis quelques années...). Chacun(e) est libre de voter pour qui il(elle) veut, je le respecte.
Tout juste me permets-je de brocarder plus qu'à son tour le fabuleux Dabeuliou, monument de bêtise. Un crétin, doublé d'un imbécile, qui plus est particulièrement dangereux après avoir "parlé à Dieu".
Mais, revenons-en au sujet de cet article, qui traite, exceptionnellement donc, de la politique française et de l'un de ses leaders : Monsieur S.
J'ai peur car, si l'on en croit plusieurs médias (toutes tendances confondues puisqu'on trouve aussi bien Le Monde que Le Figaro ou la presse "non alignée"..., mais aussi, bien écidemment, ses opposants), le comportement de celui qui pourrait être notre prochain président est inquiétant.
Certains de ses opposants politiques affirment en effet avoir été menacés par l'ancien ministre de l'Intérieur pour les réduire au silence. Des témoignages anonymes circulent dans les milieux journalistiques sur les menaces que des proches de Monsieur S. aurait adressées aux auteurs d'articles critiques. On cite, entre autres, les pressions économiques sur un journal ou la révélation du nom de sa maîtresse à sa femme.
Pas joli-joli...
Un ancien directeur du Figaro-Magazine (qu'on ne peut taxer de gauchisme acharné...), le journaliste Joseph Macé-Scaron, a raconté sur RTL comment Monsieur S. l'avait menacé lorsqu'il occupait la fonction pré-citée : « J'ai vu S. qui était en situation de puissance et non pas de séduction, et je peux vous dire que la menace, le "on se souviendra de toi", l'index pointé, le "on te cassera", je l'ai entendu, moi, Joseph Macé-Scaron, en tant que journaliste du Figaro-Magazine, je parle en connaissance de cause. ».
Pas joli-joli...
Autre témoin, Azouz Begag (ancien ministre de l'Égalité des chances - il a démissionné pour soutenir François Bayrou), a rapporté les menaces et les pressions qu'il a reçues de la part de Monsieur S. alors qu'ils s'opposaient en conseil des ministres (interview donnée au quotidien espagnol El País) : « S. avait beaucoup de pouvoir. Trop. Mes divergences avec lui ont surgi au moment des violences dans les banlieues, quand il a prononcé ces paroles, insultantes, choquantes ; quand il a appelé "racailles" les jeunes et dit qu'il nettoierait les rues au Kärcher. Moi, qui viens de l'immigration, je me suis vu obligé de sortir de ma réserve et dire que je ne pouvais pas accepter ce langage. Il m'a menacé et a utilisé tout son pouvoir politique et médiatique pour me faire disparaître. Azouz Begag n'existe pas, était la consigne. Les journaux et toutes les grandes chaînes de télévision me passèrent sous silence. ». L'ancien ministre a par ailleurs publié un livre (Un mouton noir dans la baignoire, sorti le 11 avril) dans lequel il rapporte les propos que lui a alors tenus Monsieur S. : « Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! J'en ai rien à foutre de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule. ».
Vraiment pas joli-joli...
La presse signale également l'utilisation de la police pour réduire au silence des manifestants lors des déplacements de Monsieur S. en province. Exemple : des salariés menacés de licenciements empêchés par la police de se rendre à un meeting du candidat. Les deux cars de manifestants se dirigeant vers Meaux ont été interceptés par la police pendant plusieurs heures. Le Monde du 18 avril rapporte l'incident. « Ils étaient plus nombreux que nous, explique un syndicaliste. On a eu le droit pendant deux heures et demi à une garde à vue en pleine campagne, sans aucun motif. ».
Ca se gâte...
Pour finir, Monsieur S. lui-même y est allé de son petit dérapage : « l'Algérie avait été très courageuse au début des années 90 en interrompant le processus démocratique ».
C'est pas l'apologie d'un coup d'état, ça ?
Voilà donc pourquoi j'ai peur...