Electriques cagades
Pareil que chez la Baronne Von Monica. Encore que Nunuvénère ne soit pas mal non plus dans le genre...
Mais il faut dire que la tribu n'y est strictement pour rien. Tout est de la faute à l'EDT (notre EDF à nous; vous remplacez France par Tahiti et le tour est joué !) qui nous a envoyé une sacré chataîgne dans la nuit de mercredi à jeudi. Enfin, quand je dis "chataîgne", je n'en suis pas vraiment sûr, vu que mes connaissances en électricité se limitent à insérer des piles dans un appareil. Mais nos équipements ayant eu des sursauts fatals, les néons ayant éclairé comme au château de Versailles et les disjoncteurs ayant (avec un peu de retard) rempli leur fonction, j'en ai déduit que l'EDT a dû nous en donner plus que ce pourquoi nous l'avions payée.
Vous conviendrez que, de nos jours, ce type de relations commerciales est assez rare...
Ca commence par un réveil en sursaut lorsque le radio-réveil émet un bourdonnement inhabituel et franchement audible. Sans aucune idée de l'heure qu'il peut bien être (en tout cas il fait nuit...), j'allume la lampe de chevet machinalement, je me précipite sur ledit réveil et commence à tâtonner pour l'éteindre. J'ai d'abord pensé à un mauvais réglage car cet appareil, outre le fait qu'il permet d'écouter la radio et qu'il réveille (d'où son nom, les choses sont bien faites tout de même !), propose également le bruit des vagues et ce qu'on appelle le white sound. C'est-à-dire qu'on peut s'endormir avec un bruit de fond si on le désire.
Et le bruit qui nous a réveillé, justement, ressemble étrangement à ce fond sonore. J'imagine de suite que Marmotte - car ça ne peut être qu'elle - a dû touché quelques boutons et que l'appareil est sens dessous-dessus. Or, j'ai beau manipuler la bête, à peine réveillé et dans une faible lumière car je tourne le dos à la lampe, je n'arrive pas à l'éteindre. Mieux, une odeur de brûlé arrive à mes narines et de la fumée - que je distingue bien - commence à s'en échapper (de l'appareil, pas de mes narines...).
Panique !
Prise - Débranchée - Ouf !
Pan !
Quoi ?
Ca vient du salon. Un coup de feu ! Serait-ce une attaque des Tuniques Bleues encerclant notre tipi ?
Marmotte émerge (oui, elle dormait encore, elle, d'où son pseudo...).
Là, ça commence à faire beaucoup. Je vais donc dans le salon. J'allume la lumière et j'y vois comme jamais je n'y ai vu dans cette pièce. Etrange...
Mais bon, je marche encore au radar même si j'ai cette sale odeur de brûlé dans le nez. Je jette un oeil dans le coin hifi et je constate que tous les témoins lumineux des appareils sont éteints. Mauvais signe.
Je continue néamoins mon chemin et, pris d'un soudain éclair de bon sens (d'aucuns diront que c'est de l'intelligence et je les en remercie...), je décide de débrancher l'alimention du modem/routeur téléphonique. J'arrive à temps : il y a la même odeur de brûlé qui sort de l'adaptateur. Marmotte arrive à son tour dans le salon avec une mauvaise nouvelle : la clim de la chambre a émis un flash vert - comme un dernier râle - alors qu'elle n'était pas en fonction !
Pan !
Quoi ?
Encore ?
Cette fois-ci, je dois en avoir le coeur net : il faut que je sorte. J'ouvre la porte, j'allume le garage et, là encore, je me retrouve avec un néon plus brillant que jamais, et plus bruyant aussi. On dirait une camionette qui monte le Tourmalet ! J'éteins aussitôt et je récupère le mori pata (1) qui se trouve à portée (vous noterez la prévoyance de la tribu...). Il y a de l'agitation dans le quartier, mais de Tuniques Bleues, point. C'est déjà ça. Un camion descend la rue mais je ne peux pas voir de qui il s'agit. Je pense bien que les gars de l'EDT sont déjà à pied d'oeuvre. Le camion s'arrête et une discussion s'engage quelques maisons plus bas. Aucun doute, vu de chez nous, cette maison - au moins celle-là - n'a pas d'électricité.
Mon bon sens allant crescendo (oui, je sais, c'est mon intelligence...), je vais au compteur pour voir son état. Seulement deux interrupteurs ont disjoncté. C'étaient les deux coups de feu...
Alors je coupe le général. Il est en effet temps de limiter les dégâts. Et puis à ce rythme les ampoules et autres néons vont raccourcir sérieusement leur durée de vie.
Il est 23h45 (j'ai enfin pensé à regarder la pendule), Marmotte et moi sommes comme deux couillons dans le jardin à regarder je ne sais où, comme si la solution allait tomber à nos pieds, là, comme ça. Ca a dû faire rire nos voisins "du haut" qui, depuis leur deck, nous lancent :
- "C'est général dans le quartier, l'EDT est en train de chercher d'où ça vient !".
Ce coup-là, pour de bon, nous levons les têtes et, sans apercevoir quiconque à cause du noir, nous répondons :
- "Aaaaah ! C'est bien." (vous noterez la platitude du discours, mais, que voulez-vous, réveillés à cette heure tardive et quasi à poil dans le jardin, ça sort des sentiers battus...). "Ben va falloir qu'ils trouvent vite parce que les appareils sautent les uns après les autres !"; continué-je avec aplomb. Au moins, ils auront cru que nous avions pigé la situation...
Nos yeux s'habituent petit à petit à la faible clarté nocturne. Par chance, il ne pleut pas. Par chance également, les enfants semblent toujours dormir. Tout au moins ne sont-ils pas paniqués par les bruits et les conversations. Nous vérifions : ils n'ont pas fui dans la vallée.
Difficile de faire un état des lieux dans le noir. Il vaut mieux se recoucher, essayer de s'endormir et constater le lendemain matin. Avant, j'allume mon téléphone portable et règle l'alarme sur 5h55. Je le pose à côté de moi.
Demain est un autre jour, nous verrons bien...
Il est bien évident qu'avec tout ce ramdam, s'endormir rapidement relève de la gageure. Aussi, je suis incapable de dire à quel moment Morphée m'a repris dans ses bras, mais c'est certainement assez tard dans la nuit.
Réveil en sursaut.
Merde !
"C'est quoi encore ?" marmonné-je à moitié redressé dans le lit et la tête dans le c... "C'est pas possible !".
Et puis, l'esprit étonamment en éveil, je réalise qu'il s'agit de mon téléphone qui vient de vibrer. Normal, car il est constamment sur vibreur (je rassure tout le monde, l'alarme est une fonction séparée qui, elle, sonne bien...). Et bien, vous le croirez ou pas, je venais de recevoir un message ! Rassuré par la pertinence de mon raisonnement, je replonge - cette fois-ci assez facilement - dans le coma.
Je noterai, plus tard dans la matinée que je venais de recevoir deux messages : un sms de mon kiné préféré daté du... 1er janvier, et un message de... 3 jours auparavant !
Merci à MANA (le "fournisseur téléphonique") pour sa diligence dans la délivrance des messages, et surtout pour la pertinence de l'heure choisie...
Jeudi matin, 5h55.
Le téléphone me réveille.
Pfffff, c'est dur ! Encore plus quand je pense aux possibles dégâts que nous allons découvrir.
Premier geste : aller remettre l'éléctricité et tester un néon. S'il bourdonne comme un damné, je couperai tout immédiatement. Non, ça va, il a l'air normal. Idem pour les autres lumières de la maison. L'EDT a dû trouver l'anomalie et tout rétablir correctement. Mais avant de procéder aux contrôles, il faut déjeuner. Comme d'hab', je prépare tout et la matinée commence normalement : Petit-Taureau-Excité passe à la douche quasi en même temps que moi puis Cycliste-Rossignol prend la relève de son frère. Ils passent à table sur la terrasse. Quant à moi, je renonce finalement à déjeuner car je suis trop anxieux en ce qui concerne nos appareils domestiques. Marmotte également zappera son petit-déjeuner car je dois auparavant tester le micro-ondes dans lequel je chauffe son lait habituellement.
Le bilan est relativement lourd : le lave-vaisselle, les clims des 2 chambres (heureusement que la 3e n'en a pas !), le lecteur K7/DVD, le routeur/modem du téléphone (et de l'ADSL), le lecteur de 301 CD, une lampe halogène, une radio/lecteur CD de Cycliste-Rossignol.
Bizarrement, le radio-réveil qui a fumé pendant la nuit a repris ses esprits et fonctionne normalement. Quant aux autres appareils qui nous inquiétaient, comme les 2 réfrigérateurs et le congélateur, ils semblent être passés au travers des tracas. Comme la pompe de la piscine...
Le parcours du combattant commence alors : être sûrs de notre recensement et prévenir l'EDT dans la journée. Marmotte se charge des premiers contacts et récupère l'adresse du fax. Je prépare le courrier. Rentré à la maison le soir, je me précipite sur le PC portable pour corriger quelques lignes et imprimer la lettre. Et je m'aperçois que... le cordon d'alimentation, lui aussi, a lâché ! J'ai tout juste le temps d'imprimer les deux pages avant que la batterie ne soit complètement vidée et que le PC ne se mette en "veille prolongée". Je rajoute donc manuellement cette alimentation à la liste à la Prévert que nous déclarons. Bien que le routeur soit HS (et donc l'ADSL), nous pouvons rebrancher le téléphone/fax "en direct", c'est-à-dire avec une ligne "normale". Ca permet au moins de faxer la lettre.
L'expérience de copains et les infos recueillies sur le site de l'EDT depuis le bureau nous aident bien. Sauf que les réparateurs agréés, soit n'existent plus, soit ne daignent pas se déplacer parce qu'ils ne sont pas les représentants des marques de nos appareils, soit ils demandent un minimum de 4 500 FCP (38 Euros) de dépôt avant toute réparation... Et puis il paraît qu'il faut attendre le passage de l'expert de l'assurance de l'EDT. Nous sommes jeudi soir, le week-end est tout proche, autant dire que nous en avons au moins pour une bonne semaine avant de voir le bout du nez d'un quelconque expert !
Nous nous préparons donc psychogiquement à passer un week-end sans télévision et sans Internet. Côté communications avec la France, ça n'est pas bien grave vu que Papa-Marmotte a entrepris de fouiller les entrailles de son PC et qu'il patauge désepérément et que Famille-Kip s'est échappée pour ses 4 mois de villégiature en Espagne. Donc, pas de Skype de prévu de toutes façons.
Nous ferons avec la radio et nous jouerons au UNO le soir. Un petit sevrage de télé pendant quelques jours ne peut pas faire de mal...
Et voilà comment, en cette fin de semaine extrèmement pluvieuse, nous avons certes joué au UNO (j'ai gagné !), mais nous avons aussi pu lire notre courrier électronique, faire une commande aux 3 Suisses et vous conter cette fabuleuse et extraordinaire aventure électricienne (5) !
Reste à convaincre l'expert, quand il passera, de nous rembourser tous les dégâts...
(1) torche à piles
(2) son pseudo lorsqu'il visite ce blog
(3) TELECOM FACTORY, le nom de sa boîte. Un petit coup de pub mérité...
(4) chaînes satellitaires
(5) je sais, ce mot n'existe pas, mais il me plaît bien dans ce contexte.
Par Kip, Dimanche 14 Janvier 2007 à 21:05 GMT-9 dans Accueil (article, RSS)







