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Wallis : le flou du Roi

Les tentatives d'une chefferie dissidente sur l'île de Wallis d'introniser dimanche un nouveau roi pour remplacer le monarque Tomasi Kulimoetoke se sont soldées par un échec, permettant ainsi le retour au calme dans ce royaume du Pacifique, territoire français.

La tension avait culminé en fin de semaine dernière après que les partisans du vieux monarque, le « Lavelua », âgé de 86 ans et en place depuis 1959, contesté par un groupe de nobles dissidents, avaient annoncé leur intention d’introniser dimanche un nouveau roi.
Depuis, les partisans du roi avaient érigé une demi-douzaine de barrages (marquée du panneau « zone coutumière »), bloquant notamment l’accès à l’unique aéroport international de Wallis et Futuna, dans le district de Hihifo.
Ils avaient également brièvement pris le contrôle de l’aéroport et dégradé du matériel, avant de libérer ce point stratégique. Entre-temps, administrations et écoles étaient restées fermées, sur consigne de l’Administrateur Supérieur de Walis et Futuna, le Préfet Xavier de Fürst.
Ce week-end, un détachement de la gendarmerie français basée en Nouvelle-Calédonie parvenait à atterrir, par avion militaire, à Wallis.
Samedi soir, des négociations avaient débuté, qui avaient dans un premier temps débouché sur une concession de la part des « réformateurs », qui renonçaient alors à leur intronisation d’un roi alternatif.
Dimanche, un médiateur nommé par la France, Louis le Franc, secrétaire général au Haut-Commissariat français en Nouvelle-Calédonie, arrivait à Wallis. Dès lundi matin, après une rencontre avec la chefferie royale en place, il concluait un accord selon lequel le gouvernement français publierait un décret réaffirmant que la France ne reconnaît qu’un seul interlocuteur, à savoir la chefferie en place, rapporte RFO-Wallis et Futuna.
Le ministère français de l’Outre-mer précisait par ailleurs qu’il ne comptait pas s’immiscer dans une affaire coutumière qui devait en priorité être réglée coutumièrement, en conformité avec les traditions locales.
M. Le Franc devait également rencontrer lundi les représentants du clan réformateur.
Cet accord, selon la chefferie royale, devrait permettre la levée des barrages.
Ce week-end, une centaine de passagers est restée bloquée à Nouméa et à Nadi (Fidji), en raison de l’annulation du vol régulier d’Air Calédonie International, qui d’ordinaire dessert Wallis.
Ce conflit, qualifié de « coutumier » par le ministère français de l’Outre-mer, avait trouvé son origine dans un bras de fer entre le Préfet, représentant de l’État sur place, et les autorités coutumières du Lavelua, dont le petit-fils s’était en janvier réfugié au Palais pour tenter d’échapper à l’application d’une peine de prison pour homicide involontaire ayant causé la mort d’une personne.
En juin, le jeune homme avait finalement consenti à se rendre et avait été évacué vers le Camp-Est, la prison de Nouméa, pour y purger sa peine.
Le mois précédent, le gouvernement du roi avait demandé à M. de Fürst et au Procureur sur place de quitter ce territoire peuplé, entre ses deux îles, d’une quinzaine de milliers d’habitants.
Cette confrontation avait permis aux réformateurs de se poser en loyalistes et d’obtenir une reconnaissance de la part du Préfet, qui avait suspendu les primes et allocations du gouvernement coutumier du roi, en les redirigeant vers un nouveau conseil de ministres pro-réformateur.
En fin de semaine dernière également, en Nouvelle-Calédonie, où vit une diaspora wallisienne et futunienne forte de plus de vingt mille personnes, quelque cinq cent partisans du roi avaient manifesté dans les rues de Nouméa, accusant l’État français de s’ingérer dans les affaires coutumières du royaume et de « manipuler » les réformateurs.
Depuis 1961, les îles Wallis et Futuna ont un statut de territoire français d’Outre-mer, conformément à la loi du 29 juillet 1961 qui "garantit aux populations du territoire le libre exercice de leur religion, ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes tant qu'elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit".
Par ailleurs, vendredi, la chefferie du roi faisait savoir par voie de communiqué que ce conflit coutumier « ne peut se résoudre que par des originaires du Pays ».
Le clan royal accuse par ailleurs M. de Fürst de s’être « immiscé dans le Droit Coutumier, causant ainsi des troubles que nous connaissons et endurons jusqu’à présent dans l’Île ».
« La Chefferie Traditionnelle maîtrise parfaitement la situation, et s’excuse auprès de la population pour les gênes momentanées et occasionnées par les points de contrôle et de sécurité dressés dans l’Île », ajoute ce communiqué. (source Tahitipresse)
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Bon courage M. de Fürst !!

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