Les fonctionnaires tongiens ont entamé les négociations, mais pas repris le travail
Jeudi, la Princesse Régente Pilolevu, accompagnée de l’ensemble du gouvernement royal, était venue à la rencontre des grévistes pour leur annoncer son intention d’accéder, à titre temporaire, à leurs demandes d’augmentations salariales dans une fourchette allant de soixante à quatre vingt pour cent, en attendant un accord plus permanent.
Seule condition du gouvernement : que les grévistes, qui ont fortement perturbé le fonctionnement des établissements scolaires, hospitaliers, ainsi que les services des ports et des douanes, reprennent le travail immédiatement.
Le syndicat « intérimaire » des grévistes de la fonction publique a réagi à cette nouvelle offre de manière méfiante : sans toutefois appeler à une reprise du travail, a consenti à entamer des négociations, ainsi que les bons offices d’un médiateur réputé régionalement, Sitiveni Halapua, qui avait déjà, ces dernières années, tenté de réconcilier les adversaires politiques des îles Fidji, Mahendra Chaudhry (ex-Premier ministre, renversé par le coup d’État de George Speight) et son successeur Mahendra Chaudhry.
M. Halapua, échaudé par l’échec d’un autre médiateur, le juge néo-zélandais en retraite Thomas Goddard, a choisi d’intervenir en toute discrétion : aucun communiqué n’est sorti des réunions tenues vendredi, de peur que la publicité faite à cette affaire n’enflamme à nouveau les esprits.
Reprise du travail : peut-être la semaine prochaine
Ces deux dernières semaines, en pleine impasse, quatre voitures du gouvernement, ainsi qu’une maison appartenant au roi Tupou IV avaient été incendiées.
Plusieurs salles de classes avaient été saccagées par des collégiens sympathiques au mouvement des grévistes et entendant ainsi protester contre le limogeage de leur proviseur, jugé trop proche des grévistes par sa hiérarchie.
Côté gouvernement, c’est un membre de la famille royale réputé pour être modéré, Noble Filakepa, qui a été nommé par la Princesse Régente.
Selon un porte-parole des grévistes, la reprise du travail pourrait intervenir pas avant « mercredi ou jeudi » de la semaine prochaine, même si les premiers contacts ont été qualifiés par les grévistes de « très positifs » et « très encourageants ».
Entre-temps, les propositions royales devront, selon lui, être « clarifiées », même si les fonctionnaires se déclarent avoir été « impressionnés » par le geste de jeudi, également qualifié de « sans précédent » et de « très significatif » de la volonté royale de mettre un terme au plus vite à cette grève, la plus longue de l’histoire du royaume.
Selon les grévistes, le cahier de revendication mis sur la table comporte neuf points, dont sept font d’ores et déjà l’objet d’un accord.
Sur les deux autres, plus sensibles et qui concerne la démission du chef de la commission de la fonction publique (en l’occurrence le Prince Premier ministre) et de son directeur de cabinet, ainsi que le départ du directeur de l’enseignement et de ses trois adjoints, les parties en présence n’ont toujours pas trouvé d’accord, selon un porte-parole des grévistes qui s’en expliquait à Radio Australie. (source Tahitipresse)
Par Kip, Samedi 3 Septembre 2005 à 14:51 GMT+2 dans Jusqu'au 21/12/2005... (article, RSS)




